Les clés usb du paradis
Qu'on s'entende bien, j'ai créé le monde, maintenant je vous laisse vous débrouiller avec. Par contre, de temps en temps, j'aime bien tester les nouvelles inventions humaines, pour me tenir un peu au courant.
(Par exemple j'adore la télévision, ça me rappelle furieusement le néant absolu de mes débuts)(et puis j'ai toujours aimé les paraboles)(par contre, l'autre jour, j'ai vu Philippe Bouvard et Michel Drucker, j'ai cru que les dinosaures revenaient)(faut vraiment que j'arrête les soirées avec Raymond Devos et Jean Lefebvre).
Pour ceux que les détails techniques intéressent, au Paradis, on emploie des Mac. Pas que je trouve ça meilleur, hein, j'y comprends rien de toutes façons. C'est juste que leur symbole, la pomme, ça me rappelle une vieille histoire. Adam, lui, il aurait préféré des PC. Je crois que les histoires de pomme, ça lui reste en travers de la gorge. Bon, là où je rejoins son analyse, c'est qu'il y a nettement plus de jeux sur PC. D'ailleurs, si quelqu'un connaît un bon simulateur de ping pong...
Donc, je vous raconte la Genèse de notre installation, hein. Y a quelques années, on a reçu un type qui disait avoir été victime de l'éclatement d'une bulle. Au début, je comprenais rien à ce qu'il racontait, je pensais qu'il avait picolé trop de champagne. De fil en aiguille, il nous a parlé d'Internet. On s'est dit que ça pouvait être pas mal et on a décidé d'installer le Wifi.
Déja là, ça a pas été facile. Dès qu'on a parlé de clefs de connexion, Saint-Pierre a déboulé en protestant (enfin, non, Luther a toujours pas réussi à le convaincre, il a déboulé en râlant).
Soit disant que tout ce qui concernait les clefs, c'était son business et qu'il était pas question qu'on confie ça à un informaticien (c'est plus tard que j'ai compris son angoisse, quand je n'arrivais plus à recevoir de mails et qu'un spécialiste m'a demandé de recompiler mon kernel).
Bref, je l'ai nommé grand gardien du Wifi, il était content (je crois d'ailleurs que c'est depuis ce jour là qu'il parle en énigmes). Internet, au début, j'ai pas trop accroché. Saint-Valentin, par contre, il adore. Je sais pas trop ce qu'il fait, mais il y passe des heures.
C'est le gamin qui a pensé qu'on pourrait relancer un peu notre business (je me demande bien où il apprend des mots pareils... à mon avis, il doit traîner chez Satan, c'est pas possible autrement) grâce à Internet. Il m'a poussé à ouvrir un blog — au début, il voulait que je poste des photos de Saints, il était sûr que ça attirerait plein de monde. Il a encore pas mal de choses à apprendre, le petit. Par contre, niveau pub, il est bon. Je crois que c'est lui qui nous a inscrits à une espèce de concours, j'ai pas trop compris le but, mais ça nous amène plein de nouveaux fidèles. Par contre, côté dîme, ils sont plutôt radins (mais je dis ça, je dis rien).
Faut que j'avoue, vous vous êtes bien démerdés sur ce coup-là. La communication, j'avais inventé ce concept y a bien bien longtemps. A l'époque, le vocabulaire humain c'était juste quelques groumpf, pour les métaphores (j'adore les métaphores) c'était pas vraiment idéal. Un jour de mansuétude, donc (en fait, j’avais picolé avec Bouddha le soir d’avant et j’avais une telle gueule de bois que je ne savais pas trop ce que je faisais), j’ai balancé un tronc creux et un bâton dans deux villages. Je trouvais que c’était un bon moyen de communiquer à distance, du genre « Passe boire une bière quand tu auras fini ta chasse à l’okapi laineux ». Pour une fois, ce qu'est devenu le truc est plutôt pas mal — même si le petit aimerait bien que je fasse disparaître le téléphone, il dit qu'à 2007 ans, sa mère qui l'appelle tous les soirs pour savoir comment ça va c'est gênant.
Par dieu, Vendredi 16 Fevrier 2007 à 11:10 GMT+2 dans Divers (article, RSS)




